Sin Cession 2009

Sin Cession 2009
Le sin cession de l'an passé ne m'avait déjà pas grandement convaincu, ayant ce côté formaté beaucoup trop éloigné de l'esprit authentique du metal. Quelle était ma déception en apprenant que les heureux gagnants étaient Blazing War Machine, ce groupe jouant une musique d'une manière professionnelle, mais si superficielle ! Cette année, les choses ne semblent pas avoir véritablement changées, et je dois bien avouer qu'il m'a suffit de regarder l'affiche pour déjà établir les scores, silencieusement...

C'est aux alentours de 19h30 que Stoneburst attaque, mais j'arrive malheureusement après la fin de leur prestation. J'avais assisté à un de leurs concerts il y a fort longtemps, j'ignore donc leur évolution depuis tout ce temps.
Ce sont dont aux stéphanois de Mithridatic d'enchaîner, et on peut dire que la montée sur scène de l'hurleur Guitou commence déjà à faire grimper la tension, dans les deux sens du terme (on ne développera pas sur le sujet...). Armé, celui-ci donne le rythme avec quelques coups de revolver tirés en l'air, après quelques riffs de guitares angoissants. Le set débute d'une manière ultra violente, mais le public du sin cession n'ose apparemment pas trop se lancer dans de blessants pogos. S'en suit un titre assez récent, d'une extrême lourdeur qui a de quoi faire réagir même les plus coreux d'entre nous. Le chanteur Guitou peine pour communiquer avec son public, lui incitant à retourner la salle. Malgré cela, la très mélodique « Terrorist Of Poisonned Blood » s'enchaîne et réveille un peu plus les esprits, puis le coup final de « Guillotine Supremacy » vient achever le set dans un brutal death hystérique et technique, joué par des musiciens énervés et crié par un chanteur aux tendances autodestructrices. Sous de puissants larsens, Rémolo s'élance dans la fosse et frappe littéralement la scène à grands coups de sa basse projetant des bouts de bois un peu partout. Evidemment, cela ne laisse pas indifférent les personnes présentes, bien au contraire, et pas seulement les simples personnes du public... Mithridatic, en tant que formation la plus extrême de la soirée, dérange certainement quelques personnes et ne laisse pas le public de marbre. Malgré cela, c'est un excellent set qu'ils livrent, supérieur à celui donné le mois précédent aux côtés de Fatal Agony et Svart Crown.

Les planches sont quelques temps après investies par un groupe qui m'était totalement inconnu, Crossingate. Ces bisontins livrent un metal assez moderne dans l'ensemble, teinté de divers samples aux sons électroniques. A première écoute, avec un chant à la Anselmo et des passages rapides assez thrash, Crossingate n'a rien de véritablement très offensant, et à leur avantage le son est d'une rare propreté. Mais voilà, des refrains accrocheurs dignes d'Avril Lavigne viennent se glisser entre les couplets et l'on se demande si l'on a bien à faire à du metal. Et je dois bien avouer que j'imagine assez mal un groupe pareil sous le chapiteau du Hellfest. Mais malgré cela, Crossingate conquis sans problème une partie du public qui n'a pas l'air très difficile niveau musique, étant bêtement charmée par le professionnalisme et les jolis jeux de lumière accompagnant les musiciens.

Actif depuis dix ans, Troïdes Priamus Hecuba est un groupe dont j'ai beaucoup entendu parler dans la région. Leur réputation n'est pas faussée, une grande partie de l'assistance étant venue pour les voir. Troïdes, on aime où on n'aime pas. Personnellement, je suis un peu entre les deux, car il faut bien reconnaître que le groupe -qui s'est très vite approprié la salle -possède une certaine présence scénique. Le jeu de scène est très bon, mais la musique laisse d'avantages à désirer, le mélange de chants raggea et de metal ne donnant pas les meilleures saveurs. Certains titres sont vraiment limites, dans un esprit trop pop/punk à mon goût, tandis que d'autres envoient vraiment le pâté comme la terrible « Message de Paix ». Ce metal hybride conquis à 100% certaines personnes de l'audience, mais d'autres restent partagées, remettant en cause la présence du groupe dans ce genre d'évènement.

Deathawaits
se retrouve donc à la place la moins confortable de tout tremplin, celle de jouer en dernier, surtout après Troïdes. Malgré le registre plus extrême de ces lyonnais, il est très dur de relever le niveau de la formation précédente. C'est avec beaucoup de mal que j'accroche à ce thrash/death hardcore aux structures lassantes et aux titres beaucoup trop répétitifs. Seuls le chanteur au flow intéressant ainsi que le soliste assez déjanté viennent sauver le tout, de justesse.

Chaque formation n'ayant jouée qu'une demi-heure, la soirée se conclue assez rapidement. L'équipe du Sin Cession annonce les scores. D'une façon assez surprenante, Mithridatic se retrouve à la troisième et dernière place, ce qui provoque un certain étonnement. Les « débordements »de leur set en serait-il pour quelque chose ? A leur côté se trouvent les Deathawaits. Crossingate est placé en second. Bon... Comme prévu, les vainqueurs sont Troïdes Priamus Hecuba. Il serait bête de nier leur talent scénique, mais rappelons nous que ceux-ci ont quand même dix ans d'experience...
J'imagine que vous aurez compris mon ironie face à un tremplin qui a le don de m'agacer, comme l'année précédente. Le Sin Cession, c'est le genre d'évènement qui aurait pu vraiment être sympa mais qui reste au final juste une opération commerciale et formatée, privilégiant des groupes de pseudos metal sans réelle personnalité. L'ambiance de cette soirée reste globalement superficielle, et le professionnalisme acharné qui s'en dégageait ainsi que la majorité de l'audience avaient vraiment quelque chose de risible. Ne pas se prendre la tête, rigoler, s'amuser et foutre le bordel, telles sont les véritables valeurs du metal que certains semblent avoir oublié !


Fetus
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# Postato lunedì 09 febbraio 2009 11:28

Modificato lunedì 09 febbraio 2009 11:39

Napalm Death - Time Waits For No Slave

Napalm Death - Time Waits For No Slave
Artiste: Napalm Death
Album: Time Waits For No Slave (2009)

Il faut bien avouer que depuis "The Code Is Red... Long Live The Code" sorti en 2005, Napalm Death est un groupe qui a su innover et se réinventer, malgré son statut de groupe culte au sein de la scène death et grind, et ça depuis plus de vingt ans. Comme pour "Smear Campaign", les premiers abords de "Time Waits For No Slave" m'ont laissé perplexe, mais une écoute un peu plus approfondie laisse place à un album de metal extrême toujours aussi varié.

Malgré que "Time Waits For No Slave" soit le troisième album en à peu près quatre ans de nos anglais préférés, le guitariste Mitch Harris et son collègue bassiste Shane Embury semblent inépuisables, tels de véritables puits sans fond. Et si les Napalm ne trouvent aucun problème pour composer sans cesse de nouveaux riffs tous autant accrocheurs les uns que les autres, c'est bien parce que leur inspiration est alimentée par une haine toujours présente à propos de notre monde actuel et de ce qu'il s'y passe. Comme d'habitude, cette rage est traduite à travers des textes et des cris si caractéristiques de notre cher Mark Barney dont la colère ainsi que son état d'hystérie se ressentent même à travers de simples hauts parleurs.

On peut donc dire que chaque titre, pourtant d'une base death et grind avec un côté punk omniprésent (« Strongarm », « Diktat »), possède sa propre identité contenant chacun des influences bien différentes et variées. Le morceau éponyme contient pour sa part un refrain très industriel, en mid tempo, avec des voix modifiées assez étranges, tout comme « Life And Limb », ainsi que « Fallacy Dominion ». Mais contrairement aux précédents opus, "Time Waits For No Slave" s'achève avec des titres comme « A No-sided argument » ou encore « De Evolution Ad Nauseum » faisant preuve d'une brutalité déconcertante, soutenue par des blasts totalement explosifs de Danny Herrera qui plairont aux plus grindeux des auditeurs. A propos, je tiens à préciser que ceux qui s'attendent toujours à un retour aux sources de la part de nos Napalm avec des morceaux intenses mais d'une courte durée seront très déçus, le titre le plus court étant d'une durée de trois minutes.

Aidé par une production et un son qui lui sont si propres, Napalm Death propose cette année encore un énième opus qui vient s'ajouter lourdement à l'édifice. "Time Waits For No Slave" est donc un album qui n'innove pas totalement par rapport aux autres productions récentes de Napalm Death, mais qui reste assez unique dans l'univers du metal extrême actuel. Il est bien évidemment conseillé aux fans d'aller y jeter un coup d'½il, et c'est certain que les morceaux feront un carnage lors des prochains concerts de ces Anglais. Avec cet opus, Napalm Death nous prouve une fois de plus que sa hargne et sa fureur sont loin d'être apaisées et que la suite risque d'être violente!

16/20

Fetus

# Postato domenica 01 febbraio 2009 06:15

Kill The Client

Kill The Client
Artiste: Kill The Client
Album: Cleptocracy

D'une sauvage hystérie, "Cleptocracy" n'est que le deuxième album des Américains de Kill The Client qui ont décidé de pousser les limites de l'extrême le plus loin possible. Et on peut dire que l'objectif a été assez réussi dans l'ensemble, en seulement 22 minutes et 18 titres excessifs de grind.

A peine le temps d'appuyer sur la touche play que les enceintes explosent, dégageant plusieurs blocs de blasts dévastateurs provoqués par la hargne d'un Chris Andrews plus que remonté (officiant également à la basse dans Devourment). D'une brutalité sans compromis, "Cleptocracy" assomme littéralement son auditeur à travers les riffs incontrôlables de Richardson et de Delgado, expulsant une énergie destructrice qui transpire une haine semblable à celle du punk, sonnant de la même manière qu'un bon Misery Index ou encore Blockheads.

Une certaine urgence empruntée aux Napalm Death se dégage également du chant hurlé de Morgan et de ces titres qui laissent rarement le temps de souffler à son auditeur, excepté sur la très pesante « Downfall » se situant aux limites du Doom/Death.
Le disque se termine sur des notes déjà connues, celles de « Terminal Nation », une reprise fortement sympathique de nos chers Insect Warfare.

Il serait inutile de développer davantage la critique d'un disque qui soulage et répond à toutes les attentes d'un fan de grind sans véritablement innover. Kill The Client propose donc un album certes déjà vu, mais d'une barbare efficacité dont les personnes raffolant de musiques extrêmes et engagées peuvent se procurer.

13/20


Fetus
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# Postato martedì 06 gennaio 2009 14:09

Severed Saviour :Servile Insurrection

Severed Saviour :Servile Insurrection
Artiste: Severed Saviour
Album: Servile Insurrection (2008)

Servile Insurrection est le deuxième album de Severed Saviour, des américains officiant dans un brutal death ultra propre et musclé qui plaira à tous les amateurs de technicité et de virtuosité gratuite, un peu comme le font si bien des groupes tels que Origin.

D'une allure générale, cet album semble livrer un death certes technique mais quelques peu caricatural avec la formule traditionnelle grosse voix gutturale, riffs incisifs et blasts à volonté , mais une meilleure écoute laisse découvrir un groupe sans véritables limites qui inclue dans ses compositions des passages totalement en décalage avec la musique dominante. C'est ainsi que dès le premier titre intitulé « Question » ou encore sur « Fuck The Humans », on trouvera des parties jazz en plein milieu ou à la fin du morceau. L'album comporte également une très étonnante « Intervallo Del Tradimento », instrumentale, d'un registre très Paco De Lucia pour ne citer que le plus connu. Le groupe reste habile, même à la guitare sèche

Excepté cela, les passages plus classiques sont d'une intense technicité. Le guitariste Gilbert livre de nombreux riffs alternants accords lourds et descentes de modes et gammes tous plus farfelus les uns que les autres, sans oublier évidemment les traditionnels sweeping qui font toujours rêver les jeunes musiciens en plein apprentissage. Tout cela est soutenu par la basse d'un Murail Fitzpatrick qui semble énervé à travers ses slaps déjantés, et par la batterie de Troy Fullerton qui reste d'une brutale efficacité grâce à des blasts destructeurs et une double pédale sonnant de la même manière qu'une dangereuse mitraillette. La dernière piste éponyme comporte d'ailleurs un passage très étonnant où la guitare flamenco est mêlée avec la batterie metal, ce qui donne un résultat vraiment singulier.

Un des seuls point faible de ce disque est le chant guttural trop peu travaillé, d'une linéarité ennuyante souffrant d'une carence de diversité, comme malheureusement beaucoup de groupes de ce genre.

D'un point de vue global, Servile Insurrection reste un bon album de brutal death ayant quelques touches originales en plus de la technique servie gratuitement. Mais malgré cela, Severed Saviour devrait d'avantages créer des riffs un poil plus accrocheurs pour des compositions plus mémorables, car le dosage de technicité est d'une importance cruciale pour ne pas sombrer dans la lassitude.

16.5/20

Fetus
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# Postato mercoledì 31 dicembre 2008 03:45

Deadly Sins - Old School

Artiste : Deadly Sins
Album : Old School (2008)

Formé en 2003 par cinq lyonnais amoureux du thrash metal, Deadly Sins sort enfin son EP Old School après de multiples scènes partagées avec des groupes tels que Death Angel ou encore Municipal Waste. Comme son nom l'indique, ce disque cinq titres propose un véritable retour à la vieille école du metal US et allemand, accompagnée de bières et de headbang party.

Dès le premier titre « Cannibal Holocaust », le ton est donné. Deadly sins, c'est des rythmiques rapides accentuées par une batterie speed, de gros riffs accrocheurs soutenus par de la double pédale et un chant entre Sodom et Kreator, à la limite du death.
Cette formule assez simple est appliquée sur chaque morceau ce qui donne vraiment quelque chose d'efficace et de rentre dedans. Certaines petites mélodies de guitares ne sont aucunement négligées et rendent les titres réellement accrocheurs comme « Dreaming Soul » ou encore le petit classique « Brainstorm » au riff singulier rarement entendu ailleurs. A noter son intro assez amusante et également peu commune.

Car le véritable point fort de Deadly Sins, c'est son savoir faire pour doser correctement ses influences évidentes du thrash old school avec des passages un peu plus moderne et lourds.

Et c'est en grande partie grâce à cela que cet EP, malgré son titre et son esprit très à l'ancienne, se démarque grandement des autres formations tentant ce genre de retour en arrière. De plus, le côté fun et déjanté des compositions montre un groupe qui n'est pas du tout là pour se prendre au sérieux, et c'est bien cela qui manque à la new school !

15/20

Fetus
Deadly Sins - Old School

# Postato lunedì 22 dicembre 2008 07:26